Stabilisation des taux d’intérêt, une conjoncture favorable pour les emprunteurs ?

Courant avril, la Réserve Fédérale américaine a décidé d’augmenter son taux directeur. En revanche, la Banque Centrale européenne a quant à elle maintenu ses taux directeurs, dont le taux de refinancement à 1%, amorçant ainsi une période de stabilisation des taux d’emprunt. La BCE ne prévoit d’augmenter ses taux directeurs qu’à partir du second semestre 2010. La reprise de l’inflation est l’une des principales raisons qui incitent les banques centrales à remonter leurs taux directeurs afin de contrer ce phénomène inflationniste.
 
Bien que les prévisions pour les mois à venir soient aléatoires parce que soumises à des facteurs volatiles, les économistes envisagent néanmoins une remontée des taux d’ici la fin de l’année. En effet, la hausse des taux directeurs des banques centrales occasionne des coûts de refinancement pour les banques commerciales. Ces coûts sont imputés sur les taux d’emprunt qui vont alors augmenter. Dans ce contexte, les baisses des taux à venir seraient dans ce cas le fait d’une politique commerciale des banques, à la recherche de nouveaux clients. Cependant, si les taux d’emprunt ne semblent plus être amenés à diminuer et convergent vers une phase de stabilisation, il convient de souligner que la remontée des taux attendue dans les mois à venir sera progressive et peu perceptible. Face à cette incertitude, les clients sont hésitants quant au choix de leur taux : « Les taux variables, actuellement très bas, sont attractifs. Mais les taux fixes attirent nos clients qui peuvent budgétiser leur emprunt à long terme, sans surprise et en toute sécurité ». Les taux variables capé peuvent alors représenter un bon compromis dans la mesure où leurs variations sont limitées à la hausse comme à la baisse.
 
Il semblerait que les prix de l’immobilier connaissent les mêmes variations que les taux d’emprunt. Dans ce contexte, le financement de projets immobiliers offre des conditions avantageuses. De nouveaux types de projet immobilier font d’ailleurs leur apparition au Luxembourg. Bien que le taux de vacance des espaces de bureaux soit en hausse, les investissements dans les espaces de bureaux et les espaces commerciaux sont massifs. Loin derrière, mais en forte progression, les infrastructures et les logements spécialisés (étudiants, sociaux, médicaux) forment les nouveaux investissements immobiliers. Que les projets immobiliers soient traditionnels ou alors plus novateurs, ils se tournent de plus en plus vers le « vert » et le respect de l’environnement. La fiscalité encourage d’ailleurs ce type de construction. En ce qui concerne les constructions neuves des particuliers, celles-ci se maintiennent.
 
Confrontés à la baisse des taux, les emprunteurs sont nombreux à opter pour un rachat de crédit. « Il nous arrive de plus en plus fréquemment d’être contactés par des ménages qui avaient souscrit un emprunt à des taux supérieurs à 5% ». Un rachat de crédit hypothécaire permet de renégocier un prêt immobilier afin de bénéficier de meilleures conditions de financement. Ce procédé est vraiment rentable en début d’emprunt et ce, malgré les coûts annexes qu’il peut occasionner.